Mots de glycine

Mois : novembre, 2021

Des blancs

by florencebenedettigall

Laisser de grands blancs dans la vie nulle action nul amour nul mouvement fixés

tout est possible attendre

laisser la neige arriver

ou juste le brouillard

ou le pinceau actif

ou une feuille vierge et fidèle

ou simplement après avoir fermé

les yeux une image de futur.

Notes légères

by florencebenedettigall

Suspendues vibrantes elles se balancent dans la respiration du matin gris ,,,

mélodie intime de mes gousses , et les feuilles d’or dernières se détachent en douceur sans cri ni peur.

Chante le mouvement du temps, et je vibre de ce présent.

En diagonales fascinantes , la neige vient sur nos espaces , en un rythme léger.

Je disparais.

Sans vent

by florencebenedettigall

Sans vent sans guerre

feuilles d’or dans le soleil

sans mot sans bruit

l’une se détache

puis une autre

et le silence fait vibrer le temps

sans effort sans appui

et si nos départs se faisaient ainsi

l’un après l’autre

et sans vent…

toujours là

by florencebenedettigall

Dans l’immobilité apparente de ce temps opaque, me reviennent les mots chantants de Lorand Gaspar ;

Comme si la main d’un enfant

tenait ouvert l’espace

dessinant sans relâche

une éclosion d’envols

source vive d’oiseaux

que les yeux adultes égarent _

Et me voilà les dessinant en mouvement sur nos ciels éteints et en nos coeurs bloqués… Merci Lorand Gaspar ( Patmos et autres poèmes ). _

Et Voilà …

by florencebenedettigall

Et voilà que me revient un petit texte bien vivant d’une amie :

 » Voilà un mot qui me plait. Petite interjection qui ne paie pas de mine. Qui semble ne rien dire et pourtant en dit long. Un petit mot qui sert souvent de ponctuation. Voilà met les voiles et s’envole, virevolte et se pose là, à tort et à travers, n’importe où, n’importe comment. Un mot sans gêne.

C’est une introduction pour souligner ce qui va suivre. C’est un point qui ferme une déclaration. Point final et définitif ne tolérant pas de discussion. Point d’exclamation asséné avec force. Point de suspension laissant la place à l’imaginaire et ouvrant l’horizon.

Voilà un mot passe-partout, si petit, si mignon. Prononcé sans même y penser. Sorti si vite de la bouche. Car il reste principalement oral, comme si l’écrit le rebutait. Comme s’il avait peur d’être cloué sur la page, ou de fondre dans le déluge des mots.

Alors voilà il passe d’une bouche à une oreille.

Voici « Voilà ». « 

Et grand merci à l’amie Michèle Perrutel qui a si bien chanté le sens de Voilà.

En même temps

by florencebenedettigall

Oui, en même temps les phrases auxquelles j’adhère si facilement, mots simples, rythme de la respiration de mon âge, alliance avec des évidences du temps, le texte de voyage vers la désagrégation me bouleverse.

Mais parallèlement, moi, la Glycine , je me régale sans frein aucun de la dorure qui m’envahit, dorure certes mais surtout ,phénomène à surveiller heure après heure, transformation jubilatoire de mes feuilles, métamorphose fascinante de couleur, d’aspect, de mouvement. Dès le soleil sur elles, je m’émerveille, et la s la sensation émouvante à l’extrème , du temps qui passe dans ce travail, me bouleverse, me redonne avec conviction la sensation du passage. Rien n’est jamais semblable, ni dans l’espace, ni dans le temps. Me serre le coeur violemment la conscience de l’exceptionnel.

E Et si j’étais peintre, je souffrirais de ne pas pouvoir peindre l’instant, le passage, la nuance exceptionnelle, comme en voyage, en mouvance, les mots fixés s’effacent inutiles si vite, selon le vent, selon le temps.

Comme peut s’effacer ce mouvement intérieur qui dicte tout du corps, la respiration.

Je dis jaune, mais déjà le mot s’efface, inutile. Le réel court dans le temps. Et nous avec.

En accord

by florencebenedettigall

Je lis le texte trés fort de Jacques Ancet  » La vie, malgré .En voici un fragment :

 » On a mal. On voit la lumière sur la montagne. On sent venir le noir. Même au milieu du jour. On sent descendre ce qui monte. On s’enfonce. On lève les bras, on agite les mains. On crie en silence. Le temps s’est comme arrêté entre hier et demain. On saisit un instant, on se hisse. on voit l’éclat, les choses sans leur

nom, soudain, les visages. On ne compte plus. On est là . « 

Et moi de loin je distingue de dos une silhouette, loin devant moi, silhouette de vie, mots inscrits dans le dessin, présent ici en train de disparaître dans la lumière de cette fin d’après midi de novembre. Et plus que présente, éblouissante de vie en partance, une branche feuillue d’ici même.

Tout bientôt l’absence.

L’âge du fragment

by florencebenedettigall

Je suis dans la richesse incroyable d’un texte qui me touche au plus profond.  » La vie, malgré  » de Jacques Ancet.

Aujourd’hui: L’âge du fragment :

« J’entre dans l’âge du fragment. Les choses se serrent, éclatent : esquilles, fibrilles, sang sur les doigts. Et la neige, toujours. « 

Et deux pages plus loin:

« Ce que je vais dire m’attend. Mes mots me cherchent sans me trouver. Une voix les murmure. J’écoute, cherche à la comprendre. Mais plus j’écoute moins j’entends. De grands arbres portent le jour. j’avance entre leurs branches, leurs fleurs. Ne regarde pas, dit la voix : entre. « 

Et chantent les couleurs

by florencebenedettigall

Et chantent les couleurs dans la grisaille d’un matin nuageux

dansent et entraînent pour accepter les non-sens les sans voix les  » c’est fini »

Peut-on vraiment chanter avec elles et suivre leur respiration ?

Je le tente confiante.