Oui, en même temps les phrases auxquelles j’adhère si facilement, mots simples, rythme de la respiration de mon âge, alliance avec des évidences du temps, le texte de voyage vers la désagrégation me bouleverse.
Mais parallèlement, moi, la Glycine , je me régale sans frein aucun de la dorure qui m’envahit, dorure certes mais surtout ,phénomène à surveiller heure après heure, transformation jubilatoire de mes feuilles, métamorphose fascinante de couleur, d’aspect, de mouvement. Dès le soleil sur elles, je m’émerveille, et la s la sensation émouvante à l’extrème , du temps qui passe dans ce travail, me bouleverse, me redonne avec conviction la sensation du passage. Rien n’est jamais semblable, ni dans l’espace, ni dans le temps. Me serre le coeur violemment la conscience de l’exceptionnel.
E Et si j’étais peintre, je souffrirais de ne pas pouvoir peindre l’instant, le passage, la nuance exceptionnelle, comme en voyage, en mouvance, les mots fixés s’effacent inutiles si vite, selon le vent, selon le temps.
Comme peut s’effacer ce mouvement intérieur qui dicte tout du corps, la respiration.
Je dis jaune, mais déjà le mot s’efface, inutile. Le réel court dans le temps. Et nous avec.