Tissons
par florencebenedettigall
je me sens prise dans un tissage étrange, lumière du printemps, difficultés des techniques qui nous permettent les échanges, graves accords de vies malades, force des mots qui s’emmêlent de vitalité.
Et je retrouve sans le chercher un texte de Philippe Jaccottet, A travers un verger, d’où chantent ces phrases lumineuses:
« C’est ainsi que sur le rôle des mots, à défaut de pensées, des images me viennent : je vois des navettes courant sur le métier du tisserand, des barques sur des canaux, des remorqueurs, des péniches comme on en découvre à certains noeuds du trafic, dans le miroitement des Pays-Bas. Un instant, mes mots m’apparaissent pareils, allant et venant, circulant dans l’espace invisible de l’esprit, tissant un réseau utile, inlassablement, depuis toujours, ou aussi bien une sorte de vêtement. Ils aideraient la vie, ils nous réchaufferaient, nous abriteraient. (Et comme, même autour des navires de commerce, il y a l’espace du monde -eau et ciel-, le risque, l’incertitude, ainsi, autour de simples paroles d’échange, il pourrait subsister un infini.) «
Oui, tissons avec lui, tissons les mots mêlés de nos vies.