Mots de glycine

Mois : avril, 2022

tissage

by florencebenedettigall

dans la lumière du matin les fils de mes lieux sont si difficiles à tenir, à fixer, à nommer. Une lumière rose ocre , délicate, aérienne flotte à travers les différentes nuances de vert nouveau…ni les couleurs et mon pinceau, ni les lettres signes et mes mots n’arrivent à fixer.

Mais pourquoi fixer ? plutôt se laisser embarquer dans cette mouvance tissée et sa musicale respiration.

Tissu de vie, tissu du grand pré, je m’y embarque quel que soit le trajet.

Un regard-fleur

by florencebenedettigall

celui de Bonnard…

Je lis:

 » Que la dernière oeuvre de Bonnard soit un amandier en fleur, n’est-ce pas désigner par là une dimension qui est celle de l’émerveillement même ? Quelque chose, pour paraphraser Jaccottet, qui un instant a nié la terreur ou l’abrutissement. Le vieillissement, le tremblé du corps. Un dépassement, un au-delà de l’univers pictural. Un autre univers, ici, comme l’explosion de la Vie, sa terrifiante et saisissante beauté. L’énigme que contemple un regard posé sur le monde. Un regard-fleur, celui de Bonnard. »( Pierre-Albert Jourdan )

J’entre ainsi dans cette merveille …

« Peindre chaque année l’amandier en fleur ou un bouquet d’ombelles et de coquelicots, c’est croire.  » selon Alain Lévèque.

Et les coquelicots revenus, différents des autres années, et les fleurs du Seringa presqu’ouvertes ….

Ma vie avance et tout est en cheminement. Je ne saurai peindre les dernières fleurs du Magnolia.

Voisinage

by florencebenedettigall

« Corneilles traversent le ciel

pour le plier, le corner

mettre un acoustique signet

à la page du réel « 

Laurent Albarracin, L’herbier lunatique.

Vagues

by florencebenedettigall

Vont et viennent dans la lumière jamais la même des vagues de couleurs, présentes et si mouvantes …

et le roux qui s’étend des oseilles en fleurs, et le mauve adouci de l’autre glycine au loin, et le jaune lumineux du cytise dont les grappes légères semblent discuter répondre à la vitalité des miennes… et les touches mouvantes d’un blanc qui s’envole librement.

On peut vivre uniquement de ces rencontres, de ces dialogues, de ces échanges de vie, de beauté pour ceux qui jurent par Elle. On peut se noyer dans l’une ou l’autre, et y trouver une vie renouvelée.

Rien ne peut enlever, quelle que soit la douleur des conflits, l’intense vie première.

oui mai

by florencebenedettigall

en attente dans la série de mots négatifs de mots désillusionnés de mots tranchants et sanglants dits écrits répétés traduits révisés éclatés effacés réduits à un simple son décapitant

oui mai

et mon muguet vivant plus que vivant le crie au bout de mon jardin pour ici et ailleurs.

Ici aussi

by florencebenedettigall

une force dérivée de mon tronc premier a animé une tige qui jour après jour a capté entouré presqu’ étouffé un jeune tronc, du cytise premier dérivé lui même. Force et destruction, épanouissement et étouffement de l’autre, vie et démarche de domination naturelle.

Grappe de glycine en épanouissement, grappe du cytise en développement….un chant et un autre mêlent couleurs, et harmonies… mais je crains que l’un et sa respiration soient effacés par l’autre, dans le silence de l’étranglement.

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présences

by florencebenedettigall

jaune doré des premières feuilles groupées, vert intense des voisins en plein développement, mauve affirmé des monnaies du pape, des sommets du vieux lilas, du magnolia en partance, et pour les faire vibrer, jaune clair des tulipes sauvageonnes… sur le mélange délicat des verts, divers dans leurs nuances… toutes ces masses colorées légères font vibrer dans l’ensemble et dans les détails les grappes emplies de lumière , telles des mains ouvertes, mauves et douces, fragiles et solides.

et depuis ce matin chante vers le bosquet

au delà du pré ouvert

le coucou de ce monde revisité.

et pourtant un monde ailleurs

de hurlements si confus

fracassé…

Oui

by florencebenedettigall

me voici en plein développement: mes grappes de fleurs commencent à attirer mes fidèles visiteuses, vrombissantes et lancinantes, et je me goinfre de lumière première…

au loin pleurent certains.

Doutes

by florencebenedettigall

Plusieurs de mes branches en perspective florale se sont comme arrêtées et je ne sais leur futur.

Les autres tournées vers le sud ont accompli leur travail de croissance et débutent leur floraison légère.

La vie ne peut se développer sans hésitations, sans abstention, sans temps d’attente controlé ou imprévu.

Vie malgré tout , vie.

Avec cassures avec silences

Avec peut-être avec absences

avec tensions avec résistance

et mots rêvés et rêves bloqués.


Je m’inonde de lumière matinale et tente de chanter clair.

Résonance

by florencebenedettigall

résonnent des mots si forts de François Perche:

« L’encre boire est le seul remède.

Se découvrent de longues

Coulées de mots.

Halètent encore,

N’arrivent pas

A recouvrir complètement

Les traces de mes blessures.

En chaque bouche ouverte

Se recompte le temps. « 

texte magique pour moi de François Perche:

A QUOI BON DES POETES EN CES TEMPS DERISOIRES.