Voici que

par florencebenedettigall

« Voici que je suis plante, herbe folle

Pliant, oscillant

sur une saillie rocheuse

et me voici longue tige brune

palpitant comme flamme

Je suis un roseau

Un vieux coquillage qui chante

A jamais de même

une touffe de laîche

Une pierre ttés blanche

un os

Jusqu’à ce que je redevienne

Sable

Que je tournoie, que je m’envole

Balayée par le vent

En bordure de mer

Dans la clarté déclinante …

Car la clarté décline

Mais si tu devais venir, tu ne dirais pas

Qu’elle ne t’attend pas ici

Qu’elle a oublié. N’avons-nous pas joué

A nous déguiser en herbes folles, pierres et tiges

Tandis que passaient les étranges navires

Sans heurts_ solennellement_ laissant une boucle d’écume

Qui se déployait doucement autour de notre demeure insulaire

Bulles d’écume laissant sur la pierre

Comme des arcs-en-ciel. Regarde, chéri 8 Non, ils sont partis.

Et les voiles blanches se sont fondues dans le ciel en mouvement. « 

Ainsi a écrit Katherine Mansfield, traduite par Anne Mounic, revue Europe n° 1003-1004.