Le jardinier

par florencebenedettigall

Je relis des textes de Philippe Jaccottet et me nourrit directement.

 » Ce que je fais ressemblerait plutôt, décidément, au travail du jardinier qui nettoie un jardin, et trop souvent le néglige: la mauvaise herbe du temps …

Où sont les dieux de ce jardin ? Quelquefois je me vois pareil, dans mon incertitude, à ces flocons de neige que le vent fait tournoyer, soulève, exalte, lâche, ou à ces oiseaux qui, moitié obéissant au vent, moitié jouant avec lui, offrant à la vue une aile tantôt noire comme la nuit, tantôt miroitante et renvoyant on ne sait quelle lumière.

(On pourrait donc vivre sans espérance définie, mais non pas sans aide, avec la pensée _ bien proche de la certitude celle-là que s’il y a pour l’homme une seule chance, une seule ouverture, elle ne serait pas refusée à celui qui aurait vécu  » sous ce ciel ».)

(La plus haute espérance, ce serait que tout le ciel fût vraiment un regard.)

Ceci est la dernière page de » Eclaircies », je m’y glisse avec plaisir.