Mots de glycine

Mois : décembre, 2022

Dernière

by florencebenedettigall

Dernière petite grappe de feuilles jaunies, prêtes à suivre les autres, à disparaître dans le vent et le froid…adieu.

Mais, dans le mouvement du temps, solides, bien attachées ensemble aux tiges essentielles, les gousses se balancent, prises ensemble dans ce vent et les temps possibles.

Elles chantent sous la fine pluie d’aujourd’hui, et portent un futur auquel je me rattache.

Aujourd’hui.

Et les mots qui suivent

by florencebenedettigall

Texte de Jean-Pierre Spilmont, « L’humanité lumineuse. »

« Parfois cela peut commencer par un regard.

Celui que l’on porte sur ces gens

qui marchent doucement

et qui abandonnent derrière eux

des morceaux de phrases.

Et c’est comme si des paroles

flottaient encore dans l’air,

longtemps après leur passage,

s’entrecroisaient, se mêlaient à d’autres voix

pour que l’on puisse cueillir

tous les mots abandonnés et les confondre,

les enchevêtrer, les combiner entre eux

pour inventer une histoire.

On essaie de se souvenir de ce qui fut important

On fait des signes avec des mots.

On laisse des traces

ou bien une trace

une seule,

comme un outil abandonné à terre

(…)Et c’est comme si des paroles

Flottaient encore dans l’air

Longtemps après leur passage.

Dehors, la neige recouvre la mémoire de l’été.

On déserte le ciel qui nous vit passagers

des nuits de plein vent lorsqu’on marchait

Vers quelque crête aux promesses d’éblouissement. »

merci, Jean Pierre Spilmont, de ces mots simples et facilement adoptés.

Et les mots…

by florencebenedettigall

« Parfois cela peut commencer par un regard

Un simple regard, fragile,

Comme la source d’une parole,

Ou bien on oubliait d’écouter

le léger murmure des mots

remontant du creux de nous jusqu’à la mémoire

On oubliait d’entendre

On se méfiait du bruit que font les paroles

Lorsqu’elles viennent buter contre le silence.

On hésitait à recouvrir avec des mots

un instant de sable.

Il y a un peu partout des traces de lumière

Des présences

Des signes.

On écrit avec la mémoire des regards. »

Ce texte de Jean Pierre Spilmont est venu s’inscrire naturellement. Il continuera demain, il se repose pour le moment, attendant que la neige s’installe et le garde en elle, généreuse.

Merci les mots.

Reflet

by florencebenedettigall

Je reçois aujourd’hui un trésor: MIROIR DU COSMOS

de Louis Calaferte et Pierre Yves Gervais, édité par Tarabuste.

Délices de quelques vies à peine connues, plantes et insectes, reflets essentiels de leur passage.

Je m’y plonge avec joie, texte et illustrations merveilleuses.

Passage de l’asphodèle, de la balsamine, du staphilinus olens, de l’ hémérocale, du, des formes des tailles et des volumes, des vies corymbites aeneus, de larose, du carabe doré, du muguet et de l’iris….passage des mots, des histoires, des images peintes dans l’immense respect.

Pour conclure, en dernière page:

 » Toutes les gradations de la roue astrale se trouvent de la sorte représentées dans ce miroir du cosmos qu’est la nature. » Louis Calaferte.

Merveille des mots et des représentations peintes.

En or

by florencebenedettigall

Je m’endors dehors

dans l’or de mes feuilles encore vives

et j’attends en douceur

un vent

de vie et de force

un chant de respiration première

de lignes et de couleurs

un champ d’inventions premières

y dorment nos désirs

l’attente d’un autre temps

une vibration ouverte

peut-être en or…

Mots précieux

by florencebenedettigall

Toujours de Thierry Metz:

 » le champ

le chemin blanc

j’entre avec eux

dans l’eau

jusqu’au ciel

………………………………………..

Ecrire

de face

vers le blanc vers des sonorités

pour qui

il n’est plus que nous. »

Bonheur des mots

by florencebenedettigall

Thierry Metz me donne ce matin ces mots:

 » Je suis derrière mes mains

je travaille un chemin

de tuiles cassées

de gravats

je ne sais pas où il va

je regarde

puis j’avance

peut-être

vers le soleil

qui voit ce que je fais. »

Et lui il est bien parti….

or le feuillage

by florencebenedettigall

or chantent alors

loin des autres images angoissantes du monde chaotique

chantent alors les feuilles d’or les feuilles du temps mouvant

les feuilles qui peu à peu

dans le vent dans la pluie dans les rêves dans la vie

se rétractent

en pleine couleur encore

et dans les remous du temps

s’envolent disparaissent

ne laissant que signes évidents de ce qui respire

avant de n’être plus

que le reflet mouvant bien vite effacé

de nos vies

Or

reflets d’or dans le vent du départ

présent vertige

loin de l’arbre

loin des tiges de nos vies.