Mots de glycine

Mois : mars, 2023

nuits et neiges

by florencebenedettigall

de Lorand Gaspar

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flocons, pétales, duvets

d’un être là indivis

irriguant cailloux et fugues

roses rouges sur les joues

de l’enfant seul à l’écoute

des pas feutrés dans la nuit

du blanc sur blanc sur la terre _

C’est la fin du bouquet de poèmes NUITS ET NEIGES

Variations sur un thème d’enfance

Et je balance

by florencebenedettigall

et je balance mes gousses passées

dans le vent le froid la pluie

robustes après tant de mois

elles attendent la chaleur

chantent leur histoire

et les futurs possibles

en un même temps de richesse

je fais surgir

douceur et assurance

nouveaux et intenses futurs

en bourgeons façonnés

à caresser à faire chanter

même si la pluie veut tout régir.

chantent le passé les futurs

les réalités les rêves

Et bien au dessus des lignes humaines

des perspectives d’ici

se balance le temps

se balance la vie.

C’est le chant des glycines.

A travers un jardin

by florencebenedettigall

Et sans le chercher me revient un texte de Philippe Jaccottet et je retrouve un passage présent :

« J’ai toujours eu dans l’esprit, sans bien m’en rendre compte, une sorte de balance. Sur un plateau il y avait la douleur, la mort, sur l’autre la beauté de la vie. Le premier portait toujours un poids beaucoup plus lourd, le second, presque rien que de l’impondérable. Mais il m’arrivait de croire que l’impondérable pût l’emporter, par moments. Je vois à présent que la plupart des pages que j’ai écrites sont sous le signe de la pesée, de cette oscillation. Il est probable que l’âge rend plus méfiant à l’égard de l’invisible; parce qu’on commence à voir le travail de la mort de plus près, autour de soi, et en soi. Et l’autre travail, s’il existe vraiment, d’abord il a toujours été sans preuves décisives, et surtout, on commence à se demander comment il pourrait échapper à la dégradation et à la ruine, l’esprit lui même finissant tôt ou tard par s’affaiblir. C’est cette pensée qu’il faut essayer de soutenir tant qu’on le peut encore. »

Ce sont les merveilles de mon jardin, les muscaris, les fleurs de magnolia, et les fines herbes naissantes qui curieusement m’ont conduite vers ce texte anciennement lu de Philippe Jaccottet, A travers un verger.

Je m’y promène encore.

deux musiques

by florencebenedettigall

la confusion à l’entour

et les cris

sans écoute sans attention

les voix humaines les appels les apostrophes

en un lourd tourbillon

et dérives

espoirs brisés

vies écrasées

moi, la glycine, je l’entends

pas loin d’ici

j’en frémis

mais en moi la vie gicle en perspectives

ouvertes

et chante au plus profond

le mouvement premier

muse en pleine vie

autre

j’essaie de respirer .

et pourtant

by florencebenedettigall

chantent les couleurs et les ombres

le monde repart en ses vibrations

et les couleurs et les formes premières n’arrêtent pas

de respirer de faire vivre tout élément de création

suis je avec herbes et fleurs premières

en ce mouvement de développement ?

rien ne peut m’en détacher

et la respiration images et mots chantés

installés en nos corps

sans angoisse sans analyse

vibre et poursuit son chemin..

dame blanche

by florencebenedettigall

juste en face vers le levant

dame blanche dame confiante

en vert tendre en vers légers

prépare son chant ses reflets souriants

tout autour les échos sombres

les confuses poussées humaines

une fois encore elle s’installe

légère légère

j’attends ses sourires

ses oiseaux me consolent.

seringat belle étoile.

malgré

by florencebenedettigall

on ne pourrait qu’additionner les réalités actuelles qui évident, saturent, détruisent, poussent au départ,

départ pour rêve , départ pour anéantissement, départ pour effraction, ou disparition.

Mais quand arrive un rai de lumière sur la poubelle d’aujourd’hui, sur la poubelle de demain, sur l’ancienne qui traîne encore nos rêves détruits, alors le rai ouvre l’espace en une musique d’ailleurs, et je m’y glisse sans peur, et je m’y glisse oh hisse et sans peur du risque, je respire la lumière neuve. Et j’y rêve.

Couleurs, passage

by florencebenedettigall

« Comme si une portière invisible, et qui le restera, vous invitait à vous glisser par la porte entrouverte entre le jour et la nuit, la porte de moins en moins verte et qui ne se refermera pas derrière vous.

Ce que l’enfance a pu vous donner, il y a si longtemps qu’on s’en souvient à peine, ce que l’amour permet quelquefois : que le regard voie plus loin que les haies, les murs, les montagnes, la lumière présente, mieux qu’aucun souvenir, l’offre encore aux vieillards recrus afin qu’ils soient encore un peu vivants  » .

C’est extrait du texte de Philippe Jaccottet « Et néanmoins » ….

et juste après:

 » C’est la lumière qui trace ainsi, rapidement, vos rêves sur la vitre. Qui vous révèle ou, au moins, vous les remémore. Qui extrait de vous le meilleur de vous, c’est à dire le peu qui vous soit resté d’elle.

Lumière maternelle, à laquelle il n’est pas si facile d’obéir. »

Ainsi clôt-il son petit texte « Couleurs, là-bas « .

Comme, en ce temps de difficiles actualités, de difficiles perspectives, comme les mots simples de lumières, de reflets, de couleurs nous tiennent , nous font prendre le mouvement de vie …

au rythme

by florencebenedettigall

femme

elle rame légère

pour filer

vers la nuit

rame

son âme mi claire

rythme le mouvement

de la vie

et le flot et les rythmes

la tiennent

bien liée bien ouverte

dans le partage

de nos souffles.

se balancent

by florencebenedettigall

Se balancent tranquilles

les tiges le temps

les gousses le vent

et cueillent le soleil

et cueillent le mouvement

j’attends l’éclat brutal

je lance patience

je sens la joie glisser

et les lèvres s’ouvrir

et la vie revenir

et chanter

et sourire.