et tout se défait

par florencebenedettigall

les mots les textes les pensées

les constructions du crayon de l’esprit de la rivière intime

se débloquent se morcellent se détachent

et le dessin solidement tracé sur la planche de vie

lui aussi sous la pluie se déstructure

et devient

filaments monstrueux de songeries subtiles

comme si la terre bouleversée par les mouvements

défaisait aussi

nos pensées nos rêves nos créations

et la main ne sait plus tenir le crayon

la main tremble et se détache

la main crie de défaite de vide d’abandon

comme beaucoup d’autres le racontent.

et pourtant tranquilles s’ouvrent les fleurs de saison

coquelicots marguerites

fidèles à leur programme

chantant sereines

l’avancée dans la vie.