Mots de glycine

Mois : juin, 2023

on se retrouve

by florencebenedettigall

Relisant le très fort livre de J.M.Le Clézio  » Le flot de la poésie continuera de couler « , je prends un temps intense avec quelques textes de vie, dont celui ci de Du Fu :

 » Le Débarcadère la nuit

Les herbes fines de la rive, le vent léger

Une barque solitaire , au mât vacillant qui troue la nuit

La plaine sans fin est frangée d’ étoiles qui pleuvent

La lune surgit du courant de la rivière sans répit

la gloire viendra-t-elle pour l’homme de lettres

Vieux, malade, reclus, sans charge officielle ?

A quoi ressemblé-je, à la dérive, sans but ?

A une chouette sauvage, entre le ciel et la terre. « 

en vie

by florencebenedettigall

et l’envie de casser ce silence

de crier de lacher des larmes sonores

de fracasser l’immobile tableau de mots figés

de pensées bloquées incolores

inutiles niées

de nouvelles respirations

en un espace à découvert

une toute naissante tonalité

une voix qui se crée

un timbre de respiration possible

et des couleurs qui commencent leur chant

des couleurs en pleine vie

en plein éveil.

oui le temps peut vibrer

le temps peut chanter.

pétrir des poèmes

by florencebenedettigall

Je retrouve avec émotion les textes de François Perche  » A quoi bon des poètes en ces temps dérisoires » :

« Moi,

Egaré au milieu de cent et mille

Images

Et mots.

N’arrive plus à me reconnaître.

Quoi qu’il arrive, je fraie ma route,

Aux aguets,

Syllabe après syllabe.

Pétrir des poèmes

Avec chacun de mes doigts

Vibrant comme corde tendue,

Hésitant,

Alourdi par les mots

Ecrits et psalmodiés,

Métamorphosés,

Oubliés et redécouverts,

En suspens

Au dessus d’un

Générateur de vertiges. »

à quand

by florencebenedettigall

jusqu’à quand? je ne sais mais je devine que chaque jour chaque matin chaque soir elles se racontent, elles s’acceptent, elles se complètent, elles chantent ensemble.

Toutes deux généreuses, respectueuses, juste ouvertes ensemble, le long du mur maintenant vieilli. Toutes deux multiples, l’une au même point et chaque jour renouvelée, l’autre architecturale en une tour généreuse .Toutes deux en un temps estival régulier plein d’autres temps.

L’Acanthe et l’Hémérocalle, Hémérocalle et Acanthe, feuilles dans l’ ordre d’ équilibre, l’une groupées, l’autre échelonnées,, et leurs voix, je les entends, installent l’harmonie, et leurs teintes, et leurs tiges.

Et pour moi, fragile, elles chantent la vie installée, la vie qui se renouvelle, la vie par delà nos doutes nos angoisses nos destructions. oui elles chantent  » A quand ? » tranquillement.

peut-être

by florencebenedettigall

nous sommes peut-être

nous sommes ainsi

nous sommes mi-vie

vidés emplis

désirs qui virent

rêves qui s’échappent

rythmes adoucis

éteints sans fin

puis en souffles relancés

et le temps se réinstalle et

repart et se refait

et l’envie de vivre

le plaisir de sourire

et le rêve et le torrent

et le silence et le grand vent

en commune respiration

de nous de vous

de tous par delà

par ciel total

par chant par cris

par jamais fini

peut-être peut-être.

C’est un oiseau qui passa et me raconta cela …ouah ouah…