liserons
by florencebenedettigall
lisons et relisons les liserons d’ici, les liserons des chemins, les liserons de Philippe Jaccottet qui reviennent s’ouvrir sur nos pages et nos moments premiers, sur nos chemins et nos phrases spontanées, sur notre temps sans nom qu’ils valorisent :
» ….
Sources toujours à ras de terre, si proches, et les plus lointaines.
Chose donnée au passant qui pensait à tout autre chose ou ne pensait à rien, on dirait que ces fleurs, si insignifiantes soient-elles, le « déplacent » en quelque sorte, invisiblement: le font, imperceptiblement, changer d’espace. Non pas, toutefois, entrer dans l’irréel, non pas rêver ; mais plutôt, si l’on veut, passer un seuil là où l’on ne voit ni porte, ni passage.
Et s’il y avait un « intérieur » des fleurs par quoi ce qui nous est le plus intérieur les rejoindrait, les épouserait ?
Elles vous échappent ; elles vous font échapper ; ces milliers de clefs des champs.
Pourrait on en venir à dire que, si l’on voit, dès lors que l’on voit, on voit plus loin, plus loin que le visible (malgré tout) ?
Ainsi par les brèches frêles des fleurs.
Comme si un homme très voûté lisait un livre à même le sol.
Sa dernière lecture. « Merci, Philippe Jaccottet, » Et néammoins « .