Mots de glycine

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peut-être

by florencebenedettigall

nous sommes peut-être

nous sommes ainsi

nous sommes mi-vie

vidés emplis

désirs qui virent

rêves qui s’échappent

rythmes adoucis

éteints sans fin

puis en souffles relancés

et le temps se réinstalle et

repart et se refait

et l’envie de vivre

le plaisir de sourire

et le rêve et le torrent

et le silence et le grand vent

en commune respiration

de nous de vous

de tous par delà

par ciel total

par chant par cris

par jamais fini

peut-être peut-être.

C’est un oiseau qui passa et me raconta cela …ouah ouah…

s’y fondre

by florencebenedettigall

étrange immobilité, étrange attente

après des fracas des confusions des affolants désaccords

la forêt d’herbes s’est arrêtée et le prend et l’enferme

comme s’il lui fallait se préparer à sa propre disparition

herbes confuses herbes de prison

impossible de respirer

et de chanter et d’appeler

des oiseaux s’y installent

il accepte leur pouvoir

et s’endort.

i

De passage

by florencebenedettigall

Me promenant dans ce temps je retrouve des marques que je reconnais ….Andrée Chedid a laissé de si claires empreintes …je ne peux que les restituer ici :

« DE PASSAGE JE SUIS ENCORE LA

Sur le sentier

De la vie

Je suis encore

En chemin

Toujours de passage

J’ouvre des brèches

Et des passerelles

Voyage transitoire

Ephémère et fugace

Attendant que le sort

Me choisisse

Sans au revoir. « 

Andrée Chedid, L’Etoffe de l’univers.

résonnent

by florencebenedettigall

résonnent entre eux

en un brassage vivant plein de notes

les verts de vie de mouvantes respirations

et dorés et ombreux

et criant écrivant en même temps

le présent et les présents passés .

Ils résonnent et font vivre

les ombres du futur

ils créent une fresque si riche

que je tremble

dans ce temps.

elles envahissent

by florencebenedettigall

de couleurs de tendresse

filant dans ce présent notre

elles s’installent en la terre

au plus profond des pensées sombres

enrichissent de leur musique

les tissages parfois douloureux

elles chantent le songe enivrant

elles mêmes nées du fil du temps

couleurs premières

en accord essentiel

fleurs qui jaillissent

couleurs du temps.

mots suspendus

by florencebenedettigall

s’agitent dansent volent

et fredonnent une présence

nécessaire

mots suspendus

confus bloqués embourbés

installent pourtant une musique

première

mots suspendus

en une respiration nécessaire

depuis long temps

de vie.

et tout se défait

by florencebenedettigall

les mots les textes les pensées

les constructions du crayon de l’esprit de la rivière intime

se débloquent se morcellent se détachent

et le dessin solidement tracé sur la planche de vie

lui aussi sous la pluie se déstructure

et devient

filaments monstrueux de songeries subtiles

comme si la terre bouleversée par les mouvements

défaisait aussi

nos pensées nos rêves nos créations

et la main ne sait plus tenir le crayon

la main tremble et se détache

la main crie de défaite de vide d’abandon

comme beaucoup d’autres le racontent.

et pourtant tranquilles s’ouvrent les fleurs de saison

coquelicots marguerites

fidèles à leur programme

chantant sereines

l’avancée dans la vie.

des giclées virent et volent

by florencebenedettigall

et nous restons ternes et demi-figés

enfermés en des clos sans air

sans ouverture

et pourtant tout respire et chante

autour de nous

tentant les mille manières

de créer de saisir couleurs

de saisir formes et matières

la vie respire de couleurs d’éclats

la vie fait tout pour nous faire aspirer

et siffler et nous poser.

Oui, la vie tente de nous séduire

de nous entrainer en un essai de survie

en un arc en ciel d’essais

de beautés de vitalités diverses

tels nos oiseaux et nos fleurs.

oui la vie vient nous ressaisir.

ici et maintenant.

Et, néanmoins

by florencebenedettigall

Philippe Jaccottet est revenu, je l’en remercie. Je retrouve « Couleurs, là-bas  » dont je recopie juste un extrait délicieux:

 » Vite, regardez cela ! Le temps d’y inviter, et c’est déjà la nuit.

Verdure qui devient du verre, obscurité sans épaisseur qui n’est pas de l’ombre, mais aussi du verre, à la fois dur, exact et fragile.

Ce à quoi l’irréelle servante entrevue nous convie, c’est à la nuit »plus aimable que l’aube », à la nuit sans menace et sans opacité.

Comme si une portière invisible, et qui le restera, vous invitait à vous glisser par la porte entrouverte entre le jour et la nuit, la porte de moins en moins verte et qui ne se refermera pas derrière vous.

Ce que l’enfance a pu vous donner, il y a si longtemps qu’on s’en souvient à peine, ce que l’amour permet quelquefois . Que le regard voie plus loin que les haies, les murs, les montagnes, la lumière présente, mieux qu’aucun souvenir, l’offre encore aux vieillards recrus afin qu’ils soient encore un peu vivants.

(… …)

C’est la lumière qui trace ainsi, rapidement, vos rêves sur la vitre. Qui vous les révèle ou , au moins, vous les remémore. Qui extrait de vous le meilleur de vous, c’est à dire: le peu qui vous soit resté d’elle.

Lumière maternelle, à laquelle il n’est pas si facile d’obéir. « 

COULEURS, LA-BAS.

rien n’arrête

by florencebenedettigall

ça pousse ça grimpe

ça bavarde ça fait chanter

ça attache ça caline

ça fait vibrer ça épuise

et parfois

éclatante épanouie elle fait rêver

au reste de la vie

liée aux autres

en plein chant

en pleins chemins.