Et la source
by florencebenedettigall
et la source malgré tout
et le vent fou
viennent faire vibrer
le matin bloqué dans l’absence
et le silence mort se met à effacer
couleurs et tentatives
et difficile de s’y glisser …
et la source malgré tout
et le vent fou
viennent faire vibrer
le matin bloqué dans l’absence
et le silence mort se met à effacer
couleurs et tentatives
et difficile de s’y glisser …
le mot couleur du ciel couleur de mes mots couleur de ce chant négatif effaçant toute danse toute envie de circuler dans les possibles ruisseaux de vies …
terne comme presqu’effacé de la liberté de mes branches folles
en attente
ou en disparition légère sans remous ni révolte
en un infime mouvement d’acceptation
j’accepte ce non installé
je lui dis oui je m’efface
sans bouger ni vibrer
oui non établi.
s’enchaînent et s’accumulent et s’emmêlent et se lèvent
et soudain se détruisent car vains et pleins de vides
et pour éviter lors
l’invasion inutile de branches, de pousses, de cris
s’installe dans l’espace un immense
vide
ouvert
dans le vertige
y vivront les attentes.
oui j crie j’écris pour sentir
le mouvement
de vie
je souris je vibre
je me tisse une série
plus ou moins vive
de mouvements divers insignifiants
ou explosant de désirs
et je m’autorise
car je suis glycine
et malgré canicule et sécheresse
mes tiges vibrent et avancent
ici et là
librement sans raison ni ordre
et parfois une fleur se prépare
sana que l’on sache qui l’a encouragée,
qui l’attend qui l’écoutera
libre et sana bruit une tige
avance sur le mur
comme pour lui donner
une fonction de toile blanche
de page en attente
de silence créateur.
alors je crie je m’écrie moi- même
et ainsi je revis.
De oui et de non
de haine et d’amour
surgit quelque chose
comme une réponse
silence au silence
sursis éternel
rocher dans l’usure
incorruptible _
ainsi chante Lorand Gaspar …
Et par delà l’intense s’installe aujourd’hui la légèreté de la flute d’eau naissante
et la reprise d’une vie plus apaisée
et d’un rythme partagé
et d’une senteur
riche en possibles
je vibre et m’installe en ce jardin rêvé.
présents ils discutent ils pépient ils s’agitent se répondent
et moi je me joins à eux dans ma disparition
et ajoutent à leur piaillement dans l’arbre
le mien i
sans mélodie mais rythmé et vivant….
ce matin
j’ai voulu éplucher
le soleil
il m’en est resté
juste quelques copeaux
je vais essayer
de les mêler
au refrain de ma vie.
dialogue retrouvé entre deux pratiquants, mais une des voix s’est effacée…
_ Tu es aux Abois?
_
_ Pars donc dans les Bois …
_
_ Et reste Coit, ça ira.
_
_ Laisse tes Doigts jouer, tu dois les dominer les dresser les diriger …
_
_ Oh ça te met en Emoi ? Et moi, et moi aussi bien sûr.
_
_ Ma Foi, nous survivrons, car » Il était une fois » marche encore_
_
_ Ah tu crains d’avoir un Goitre ? oh la la…goi goi goi…
_
_ Houah houah houah, t’as pas l’choix.
_
_ Hi hi hi, tu rêves de la mer d’Iroise ? ou de Coise? ou de Mo-Ise ?
_
_ Ah tu rêves de jeu, de joie, pour toi pour moi …
_
_ Quoi ? Koua Koa kroa, comme font les corbeaux ? Je crois, Kroah, Kroah, Kroa .
_
_ Ah oui, c’est la Loi de la vie, l’accepter est de bon aloi, tu es d’accord ?
_
_ Moi je t’envoie sans émoi des noix et des Noix.
_
_ Ah tu préfèrerais des oies? des oiseaux ? des oisillons qui chantent ?
–
_ Oh ! mais ça fait du Poids, et puis ça P… piou piou piou .._
_
_ Quoi ? quoi ? quoi ?
_
_ Ah tu te sens le Roi ? drapé dans des Soies superbes ?
_
_ Allez, toi, reviens sous ce toit , sans toi ni loi.
_
_ Uh ? Uh quoi ? Urluberlu ? Utoibertoi? ça veut dire quoi ?
_
_ Je Vois je vois, tu veux juste exercer ta voix, et doubler les sons, je vois je Wois, c’est ça ?
_
_ Xoi ? ça veut dire quoi ? c’est du grec? de l’iroquois ?
_
_ Yoi ? Yoi ? Yoya , yoyo, yoga, youyou ?
–
_ Ah la la on va finir en Zoi, ou zouave, ou zoulou ou Zorro ou Zoroastre, ou tout simplement Zoo, oh non car on a du mal à y vivre, je crois. Finissons avec Zoé, la vivante Zoé..
j’ai pris en route le dernier livre de Lorand Gaspar, et il me file une envie d’avancer, malgré les contre temps évidents …
« Une coquille de noix sur un torrent
voilà ce que je suis
de temps en temps j’arrive à suivre
un chemin et regarder voler
précises et légères les hirondelles
de temps en temps le torrent m’emporte
on verra bien, on verra bien ,,, «
plaisir, un plaisir de marcher derrière lui
et de poursuivre vers la mer…
Lorand Gaspae, Derrière le dos de Dieu, 2010, Gallimard.