Mots de glycine

Catégorie: Uncategorized

la traversière

by florencebenedettigall

En un long tunnel d’arbres unis rassurants

il file le flot d’eau et de vie

tranquille sous ses multiples nymphéas étoilés et souriants

et se réjouit de la présence bruissante

de moult oiseaux en pleine vitalité

et peu à peu s’installe en ce monde d’accords premiers

une fine lointaine

libre flute

elle se lance elle tente elle s’intensifie elle rassemble

les résonances vivantes des lieux

et traverse mondes ouverts tous reliés au premier courant

d’eau et de vie

ne peut s’échapper ne peut s’arrêter

ne peut que se confier et respirer

et chanter départs et absences

bonheurs et silences

et fabriquer un fluide temps

de vie et d’or.

Nous sommes en ces flots

en ces souffles

et tentons de vivre encore.

Retour en douceur

by florencebenedettigall

 » Le ciel est, par dessus le toit,

Si bleu si calme !

Un arbre par dessus le toit,

Berce sa palme.

La cloche, dans le ciel qu’on voit,

Doucement tinte,

Un oiseau sur l’arbre qu’on voit

Chante sa plainte.

Mon Dieu, mon Dieu, la vie est là,

Simple et tranquille.

Cette paisible rumeur-là

Vient de la ville.

Qu’as-tu fait, ô toi que voilà

Pleurant sans cesse,

Dis, qu’as-tu fait, toi que voilà,

De ta jeunesse ? « 

La chanson de Paul Verlaine me revient, comme pour me donner tranquillement une respiration de vie,

alors que la Mort Hurle et Tue.

Présence

by florencebenedettigall

« A l’aube les oiseaux

libèrent la clarté

sus les paupières

des dormeurs

ces rêveurs au souffle lourd

plongés dans les eaux noires

leur chant tire les corps

aveugles et gourds

jusqu’à des fenêtres

qu’ils taillent dans le ciel « 

Albertine Benedetto, Sous le signe des oiseaux.

Le jardinier

by florencebenedettigall

Je relis des textes de Philippe Jaccottet et me nourrit directement.

 » Ce que je fais ressemblerait plutôt, décidément, au travail du jardinier qui nettoie un jardin, et trop souvent le néglige: la mauvaise herbe du temps …

Où sont les dieux de ce jardin ? Quelquefois je me vois pareil, dans mon incertitude, à ces flocons de neige que le vent fait tournoyer, soulève, exalte, lâche, ou à ces oiseaux qui, moitié obéissant au vent, moitié jouant avec lui, offrant à la vue une aile tantôt noire comme la nuit, tantôt miroitante et renvoyant on ne sait quelle lumière.

(On pourrait donc vivre sans espérance définie, mais non pas sans aide, avec la pensée _ bien proche de la certitude celle-là que s’il y a pour l’homme une seule chance, une seule ouverture, elle ne serait pas refusée à celui qui aurait vécu  » sous ce ciel ».)

(La plus haute espérance, ce serait que tout le ciel fût vraiment un regard.)

Ceci est la dernière page de » Eclaircies », je m’y glisse avec plaisir.

Avec le vent

by florencebenedettigall

avec le vent du temps me sont venus ces trois vers:

« Poème : peau d’âme

morceau de lave arraché

Au cri de quel Vésuve ? »

Mots de Michèle Finck, dans la si belle série Balbuciendo.

De Charleville à Sainte Hélène

by florencebenedettigall

« J’ai tendu des cordes de clocher à clocher; des guirlandes de fenêtre à fenêtre; des chaines d’or d’étoile à étoile, et je danse. »

ainsi se sont accrochés les mots d’Arthur Rimbaud, dans ma réalité même.

être …par lettres

by florencebenedettigall

être avec elles, et trouver la respiration

être avec elles et marcher légèrement dans les pétales de roses

être avec ailes et trouver vol de survie possible

et laisser se créer toute forme toute histoire respirante

être lettres et mots être forme nuage délire et création

assemblage de vies

acceptées

libres.

écran

by florencebenedettigall

écran blanc et plongent les vents sans tourbillon ni senteur

et au loin sifflent les silences, chante le vide, bavardent les fragments de vie

au milieu des mots..

Voici que

by florencebenedettigall

« Voici que je suis plante, herbe folle

Pliant, oscillant

sur une saillie rocheuse

et me voici longue tige brune

palpitant comme flamme

Je suis un roseau

Un vieux coquillage qui chante

A jamais de même

une touffe de laîche

Une pierre ttés blanche

un os

Jusqu’à ce que je redevienne

Sable

Que je tournoie, que je m’envole

Balayée par le vent

En bordure de mer

Dans la clarté déclinante …

Car la clarté décline

Mais si tu devais venir, tu ne dirais pas

Qu’elle ne t’attend pas ici

Qu’elle a oublié. N’avons-nous pas joué

A nous déguiser en herbes folles, pierres et tiges

Tandis que passaient les étranges navires

Sans heurts_ solennellement_ laissant une boucle d’écume

Qui se déployait doucement autour de notre demeure insulaire

Bulles d’écume laissant sur la pierre

Comme des arcs-en-ciel. Regarde, chéri 8 Non, ils sont partis.

Et les voiles blanches se sont fondues dans le ciel en mouvement. « 

Ainsi a écrit Katherine Mansfield, traduite par Anne Mounic, revue Europe n° 1003-1004.

Et soudain,

by florencebenedettigall

torrent, tours, tourbillons, trombe d’eau, déversement violent, tremblements effarants, et pourtant et pourtant ….

ma terre va peut-être se régaler, acceptant cette violence que toute tige subit avec dégats et cris.

Cris et rythmes inquiétants, cris déments.

Cris du temps.