Mots de glycine

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Mais le gris

by florencebenedettigall

Herbes, nids de mésanges, bourgeons de seringa

sont pris, bientôt niés, bientôt détruits,

oui, le monde de terreurs frémissant

installe un gris sombre, un gris fermé, un gris d’arrêt

sur toute vie naissante.

Seules quelques bribes de chants, de lumières

volent dans le ciel grand ouvert.

Les entends-tu ?

Avec lui encore

by florencebenedettigall

Oui, avec Philippe Jaccottet, extrait de » On voit » :

Tant d’années,

et vraiment si maigre savoir,

coeur si défaillant ?

Pas la plus fruste obole dont payer

le passeur, s’il approche ?

_ J’ai fait provision d’herbe et d’eau rapide,

je me suis gardé léger

pour que la barque enfonce moins.

Liserons

by florencebenedettigall

« Et s’il y avait un »intérieur » des fleurs par quoi ce qui nous est le plus intérieur les rejoindrait, les épouserait ?

Elles vous échappent; ainsi, elles vous font échapper : ces milliers de clefs des champs.

Pourrait on en venir à dire que, si l’on voit, dès lors que l’on voit, on voit plus loin, plus loin que le visible ( malgré tout ) ?

Ainsi par les brèches frêles des fleurs.

Comme si un homme voûté lisait un livre à même le sol. Sa dernière lecture. « 

Merci, Philippe Jaccottet, à nouveau un matin avec vous.

Ici et là

by florencebenedettigall

ici ici

glisse la vie

premiers rythmes à nouveau

et frissons dans les tiges

et tensions et poussées

et attente et désir

mais là bas

sombres mouvements écroulements sans vue possible

fracas dégats temps glas

peu à peu envahissent

épuisent tout annihilent

et tout se réduit se détruit

cassant les vies.

Seuls dans le ciel volent mes amis de vie

par ailleurs

au delà

vers les racines,

réunis.

Je les entends.

En terre vive

by florencebenedettigall

Ils vibrent, ils souffrent, ils se posent, ils respirent, ils frémissent, ils roulent dans l’attente, et le temps et les rêves, ils s’épuisent à ouvrir autre chemin autre chanson ,

ils résistent, puis s’enfuient vers leur île première

dans l’impossible sens du temps.

Et les mots

by florencebenedettigall

et les mots tentent de revivre, de se laisser chauffer un peu, dans une attente tranquille, et leur musique s’installe très légèrement dans le silence pour peut-être retrouver la chanson profonde qui permet, malgré les coups de froid nocturnes, de revenir selon le rythme à une envie de créer.

et le temps revire

by florencebenedettigall

Oui, il y a, il, y a eu, il y aura cette reprise au creux du temps …oui elle tout doucement se glisse dans le mouvement , et lumière, et chaleur en plein jour le chantent, et autour de mes troncs, insectes et courants d’air le font sentir. Nous avançons sur un étroit chemin, mais lumière et respiration le chantent.

La terre d’hiver

by florencebenedettigall

Je transpose un texte qui ce matin m’a touchée, en ce temps d’hiver sombre. Il est écrit par Jean-Michel Maulpois.

La terre d’hiver est basse et plate

Tassée craquelée de sillons

Où dort son peuple d’ombres noires

La terre d’hiver est immobile

Comme un vieux dos de vieille femme

Sous le poids d’un fardeau de bois

La lumière qui pleure dans sa cage

Est-elle accrochée prés d’ici

Ou dans une caverne lointaine

Là-haut, la porte reste close

L’ange et le dieu ont pris la fuite

Autour, le silence se referme.

Et encore et encore

by florencebenedettigall

Dans le vent dans le soleil se balancent les gousses ouvertes libérées, et quelques autres refermées contenant une seule graine de futur, et le mouvement installé tourne les pages de la vie, et tourne les guirlandes de mots vaines ou rassurantes, et les pensées confondues, êtres et futurs.

En face dans le seringa se régalent des familles d’oiseaux. Ils ont reçu nourriture et s’agitent, se disputent, se partagent, tels les acteurs d’une simple comédie de la vie.

Et le temps nous annonce son futur, au progressif mouvement de clarté offerte.

les mots en attente

by florencebenedettigall

Tels des pierres prêtes sans savoir le temps, à être travaillées pour que sens arrive, nos mots sont là, ternes et muets, prêts sans délai aucun, à devenir mots de vie, mots d’affirmation singulière.

Ils s’étalent dans leur silence, mais, je le sais, ils sauront soudain prendre la couleur de la vie, et par lumières et accords, dire une nouvelle histoire que nul ne reçoit aujourd’hui..