Mots de glycine

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En même temps

by florencebenedettigall

Oui, en même temps les phrases auxquelles j’adhère si facilement, mots simples, rythme de la respiration de mon âge, alliance avec des évidences du temps, le texte de voyage vers la désagrégation me bouleverse.

Mais parallèlement, moi, la Glycine , je me régale sans frein aucun de la dorure qui m’envahit, dorure certes mais surtout ,phénomène à surveiller heure après heure, transformation jubilatoire de mes feuilles, métamorphose fascinante de couleur, d’aspect, de mouvement. Dès le soleil sur elles, je m’émerveille, et la s la sensation émouvante à l’extrème , du temps qui passe dans ce travail, me bouleverse, me redonne avec conviction la sensation du passage. Rien n’est jamais semblable, ni dans l’espace, ni dans le temps. Me serre le coeur violemment la conscience de l’exceptionnel.

E Et si j’étais peintre, je souffrirais de ne pas pouvoir peindre l’instant, le passage, la nuance exceptionnelle, comme en voyage, en mouvance, les mots fixés s’effacent inutiles si vite, selon le vent, selon le temps.

Comme peut s’effacer ce mouvement intérieur qui dicte tout du corps, la respiration.

Je dis jaune, mais déjà le mot s’efface, inutile. Le réel court dans le temps. Et nous avec.

En accord

by florencebenedettigall

Je lis le texte trés fort de Jacques Ancet  » La vie, malgré .En voici un fragment :

 » On a mal. On voit la lumière sur la montagne. On sent venir le noir. Même au milieu du jour. On sent descendre ce qui monte. On s’enfonce. On lève les bras, on agite les mains. On crie en silence. Le temps s’est comme arrêté entre hier et demain. On saisit un instant, on se hisse. on voit l’éclat, les choses sans leur

nom, soudain, les visages. On ne compte plus. On est là . « 

Et moi de loin je distingue de dos une silhouette, loin devant moi, silhouette de vie, mots inscrits dans le dessin, présent ici en train de disparaître dans la lumière de cette fin d’après midi de novembre. Et plus que présente, éblouissante de vie en partance, une branche feuillue d’ici même.

Tout bientôt l’absence.

L’âge du fragment

by florencebenedettigall

Je suis dans la richesse incroyable d’un texte qui me touche au plus profond.  » La vie, malgré  » de Jacques Ancet.

Aujourd’hui: L’âge du fragment :

« J’entre dans l’âge du fragment. Les choses se serrent, éclatent : esquilles, fibrilles, sang sur les doigts. Et la neige, toujours. « 

Et deux pages plus loin:

« Ce que je vais dire m’attend. Mes mots me cherchent sans me trouver. Une voix les murmure. J’écoute, cherche à la comprendre. Mais plus j’écoute moins j’entends. De grands arbres portent le jour. j’avance entre leurs branches, leurs fleurs. Ne regarde pas, dit la voix : entre. « 

Et chantent les couleurs

by florencebenedettigall

Et chantent les couleurs dans la grisaille d’un matin nuageux

dansent et entraînent pour accepter les non-sens les sans voix les  » c’est fini »

Peut-on vraiment chanter avec elles et suivre leur respiration ?

Je le tente confiante.

Eclat

by florencebenedettigall

Etonnement, tout s’avance en couleurs. Autour, plus loin, ici, partout, chantent les couleurs du dernier jour d’octobre.

Distances et volumes autrement affirmés, contrastes et accords .

Lumière d’or en toute douceur envahit notre espace et chante l’harmonie dans les contrastes.

j’y baigne , j’y vis les transformations

et chantent mes compagnons.

Et je signe

by florencebenedettigall

Et je signe

la clarté sur le pré ouvert

les couleurs chaudes des arbres maîtres

la douceur lumineuse des dernières anémones du Japon

qui chantent valsent s’élancent

un jour un jour encore

et je signe et souris

intense défi au temps

moi la glycine.

Vibre

by florencebenedettigall

Vibre toute présence

résonne toute lumière

caresse tout murmure

et fredonne et sourit

un enfant un présent.

Matin

by florencebenedettigall

Au début clair

s’animent d’arbre en arbre

les oiseaux les oiseaux

et tracent et retracent

lignes d’or

lignes de vie

et sourient les possibles

et sourient et frémissent.

Je retrouve

by florencebenedettigall

Je retrouve l’Herbier Lunatique de Laurent Albarracin . ( racine blanche ? ), et me régale de ses mots.

Dans le cahier de l’arbre

Les feuilles sont des ailes

non pas des ailes théoriques

des ailes réelles

des ailes d’arbre

Et pourtant

by florencebenedettigall

Non ce n’est pas le silence, même si ici ne sont venus que des mots de silence ….

non résonnent aujourd’hui des essais de chanson, de mémoire, de respiration

résonnent des battements intérieurs de vie indestructible, des échos de vie nouvelle, des sons tout premiers venus d’un tout nouvel enfant

et dans le ciel un vol intense enflé d’espérance

au dessus de mes branches fournies de vie .