Mots de glycine

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Pl. comme pluie

by florencebenedettigall

Une légèreté sonore s’est peu à peu installée

la terre mienne absorbe et se réjouit

rythmes réguliers de vie

respiration vivace du sol

je me glisse en cette musique

rimes et respirations unies m’envahissent

graines et racines

en la terre se réjouissent

et moi paisible

je m’emplis de présent

et yeux fermés

je dessine un lac de possibles

et souris.

Ma pluie

ma bonne eau de vie.

Ecoute les

by florencebenedettigall

toutes les mélodies de la pluie

mêlées enchainées puis libérées

je suis la terre seule à seule, et j’absorbe et garde précieuses les mélodies mêlées qui depuis dix huit heures envahissent ma vie.

je les remercie

et me nourris

pluies de vie

pluies amies

Peu après

Nuages gris de F. Lizst.

En face

by florencebenedettigall

Je fatigue, épuisée par cette floraison particulière. Le gel a détruit nombre de fleurs. Mais certaines solides et protégées ont continué leur développement . Pluie et vent se succèdent et je me dois de continuer mon travail, respirer souffler écrire.

D’autres avancent solidement dans leur travail. En face, le Seringa n’arrête pas de pousser à l’éclosion ses milliers de fleurs en pleine fabrication. Et oiseaux disent et redisent leur présence, eux aussi, en une activité intense.

Moi, je fatigue, et attends avec impatience le temps où, le seringa étant somptueux de fleurs, je pourrai passer dans l’ombre et somnoler un peu.

Les mots filent vers le murmure, demi écrits demi chantés.

Mousse de lettres mêlées, vers le silence.

Bientôt.

Des mots vibrent

by florencebenedettigall

Me revient un voyage de mots, de semences:

« Moi,

Egaré au milieu de cent et mille

Images

Et mots.

N’arrive plus à me reconnaître.

Quoiqu’il arrive, je fraie ma route,

Aux aguets,

Syllabe après syllabe. »

« 

C’est un extrait du texte essentiel de François Perche A QUOI BON DES POETES EN CES TEMPS DERISOIRES.

Malgré tout

by florencebenedettigall

… la vie ressurgit, et se développe, et les nouvelles pousses prennent vitalité étonnante…

Hier matin, vers six heures, un ciel empli de lumière , et une merveille circulaire dorée filant vers l’ouest tranquillement, jusqu’à ce que l’or se fonde dans le jour grandissant. Juste passée, toujours présente, elle ne peut que dominer, même invisible.

Aujourd’hui toute autre ambiance , une pluie joyeuse et régulière me réjouit, et mes grappes fleuries se balancent régulièrement, certaines détruites et réduites, d’autres somptueuses, gardant cette oscillation verticale, marquée par les gousses séchées de l’année écoulée.

Et tout près de moi, dans un tout autre registre de vie, un coquelicot frémissant semble chanter sa vie nouvelle .

Oui, la vie chante et nous trouverons les harmonies pour l’accompagner.

En pleine eau

by florencebenedettigall

Après une violente vague de froid, avec gel et destruction, c’est dans une musique régulière mais changeante que je vis les pluies successives. Sous l’avancée de la maison , en partie au sec, je m’installe dans cette ambiance étrange, les longues grappes , dont certaines ont été gelées , les feuillages tout nouveaux, et le monde , arbres et herbes, autour de nous, se gorge d’eau et de futur.

Je deviens moi même couleur d’eau, mauve aquarellé, touches dissoutes dans un bruissement généreux.

Je chanterai bientôt.

Ecoute

by florencebenedettigall

Moi, peu habile en ce temps de dégâts, fractures, atteintes, blessures, je suis ce matin remise en vie, par ce chant qui m’arrive:

Ecoute le son devenir clé et ouvrir les champs

Les vagues devenir pulsations et ranimer les ailes

Ecoute le son devenir abeille et voler de feuille en feuille

De toux en frémissements

Devenir main qui cueillera douilles et pétales

Mettra feu aux ailes et feuilles

Ecoute les flots devenir sillons dans la terre

Regarde papillonner les sons dans l’espace de ta bouche

Les bulles devenir été devenir barques sur les vagues

les barques devenir nids, les nids devenir gorges

Et pousser chants et charmes à ton passage

Ecoute le son devenir étreinte, devenir caresses

Et se laisser glisser loin de ta peau

Comme les olives qui gonflent

et disparaissent

sans avoir savouré la proximité de ta peau

Ces bulles qui enlèvent les fourmis

dérobent les épines aux roses sur leur passage

Qui fixent de leur regard les épines et les roses

Jusqu’à la disparition des paupières

Jusqu’à la dilution des épines dans le regard.

Force fascinante de ce texte de Seyhmus Dagtekin, de la bête et de la nuit, Le Castor Astral.

Et si la vie …

by florencebenedettigall

Et si l’envie …L’envie de saluer chaque plante de ce jardin, comme on dit bonjour à la vie, pour s’y tenir, quand le vent et le froid paralysent.

L’envie de toucher les pétales de l’une, la couleur de l’autre, l’histoire, la danse , l’espérance de l’une, de l’autre,…dans le silence étrange des hommes.

l’envie de s’y relier, demi éteinte, demi figée.

et les grappes fleuries pleurent dans le froid du matin

Patience ?

by florencebenedettigall

Grand ciel vent froid

souffrent les fleurs

et les tiges naissantes

rien à dire rien à faire

rester vivante

tenir les fils

et vibrer pour demain.

Comme beaucoup

by florencebenedettigall

moi comme beaucoup d’autres

par ce froid bloquée

esquintée cassée

défaite dans ma poussée

en plein élan niée

et pourtant hier dans le soleil de midi

sont venues les abeillles charpentières

pleines de vitalité

est-ce pour creuser mon bois ?

entreposer leurs oeufs?

bourdonnantes de vie

en ce monde demi détruit

elles chantaient elles vibraient

et moi demi atteinte

je taisais ma souffrance.

et ce matin je vois les hauteurs alentour

blanchies de neige

durant la nuit

muettes.