Mots de glycine

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24 décembre

by florencebenedettigall

Le temps passe et lasse , le vent dort presque mort, et moi je végète me sentant presqu’inerte.

Pourtant par moments une bande jacasse dans le seringa d’en face.

La vie malgré tout poursuit ses tours de présence, et ses élans de partage.

Et moi la glycine,

dans ce gris

je signe.

Et puis

by florencebenedettigall

Et puis après la souffrance d’une cosse trop précoce, s’envole au vent une de ces merveilleuses graines … peut-être trouvera-t-elle lieu où se poser et dans la terre se glisser peu à peu, et delà peut-être relancer une autre vie.

Une brume douce enveloppe le monde, et le calme du recueillement.

Ajout

by florencebenedettigall

Trouvés, accrochés en mes branches en une calligraphie précieuse, les mots de René Char:

 » L’oiseau et l’arbre sont conjoints en nous. L’un va et vient, l’autre maugrée et pousse. »

Dis nous le doux

by florencebenedettigall

Velours

gris vert contre la joue

puis dans la main talisman

étui mystère

étui cercueil

peut y dormir un violoncelle

en hiver.

Neuf

by florencebenedettigall

Les mots jouent … rien n’est neuf, tout se détache, se défait dans le vent, dans la pluie de ce neuf décembre.

Mes gousses suspendues dans le vide s’agitent, et je rêve qu’elles soient sonores, je rêve d’une musique irrégulière et libre que je diffuserai alors…

car le monde a besoin d’être tenu par de telles magies. Celle de la musique, celle du jeu des mots, celle de l’invention de chaque temps.

En face de moi, ils me donnent envie de danser , ils l’ont compris, oui, les Oiseaux du Seringa sont en pleine animation, et vont et viennent, et se retrouvent, et filent ailleurs, et l’un revient, et un autre repart.

Moi, je reste dans ce temps intermédiaire, patience de l’entre deux vies , vide du présent, entre deux temps.

Page de neige

by florencebenedettigall

Je vibre et glisse sur la page grand’ouverte

et je signe

Glycine.

moi dit la

by florencebenedettigall

moi dit la glycine, moi dit la gousse, moi dit la graine, moi dit la reine

la reine des rêves ? ou des belles images, ou des mots ?

nous, chantent ensemble une douzaine de gousses accrochées parallèlement

nous, nous chantons en nous balançant, le temps blanc de l’hiver qui revient, qui repart,

et nous gardons, précieux, nos trésors

de vie.

Passages

by florencebenedettigall

Plus guère de verts,

neige et pluie, rêves et cris,

la blancheur s’est installée rapidement ,

soudain les uns les autres se sont agités ,

petits et ronds,

larges et dominants,

oiseaux d’un peu partout, rassemblés devant chez moi,

sur la semi blancheur du pré,

agités, curieux, si vivants,

et avec eux l’annonce d’un départ :

Anne Sylvestre, en allée il y a quelques heures …

Un peu après, le ciel a viré, les monts réapparaissent,

un demi arc en ciel là, juste au dessus de la Chartreuse.

30 novembre

by florencebenedettigall

Je tiens solidement mes gousses suspendues, très fins fils verticaux, libérés des feuilles envolées.

Chacune, coffret précieux, tient retient contient une deux ou trois pastilles .

Le brun gris mauve velours de l’écorce dit la solidité et la douceur,

le mystère et l’évidence, la présence et le futur.

Pastilles de vie bien gardées en attente. Un temps immobile passera. Un blanc silence.

Plus tard je serai là, moi la glycine, dans mon travail de fabrication, et

par un soleil bien installé explosera la vie.

En un éclat violent, chaque pastille libérée pourra en terre printanière

se mettre à chanter :

La vie.

26 novembre

by florencebenedettigall

Outremer outreciel

le pinceau ose

outretemps outrecycles

la musique se risque

essaie de briser en toute légèreté

les rythmes habituels de la respiration

des plantes et des hommes.

Je la guette

je m’apprête à disparaître

dans ce froid hivernal

étoilé.

Mes graines résisteront.