25 novembre
by florencebenedettigall
al-
légée
presque nue
juste quelques bribes mobiles
à vif dans le vide éclatant
à vif dans la lumière du vent
telle un cri
de vie
j’ entame un chant d’attente
riche en forêts
d’outremers
moi la glycine.
al-
légée
presque nue
juste quelques bribes mobiles
à vif dans le vide éclatant
à vif dans la lumière du vent
telle un cri
de vie
j’ entame un chant d’attente
riche en forêts
d’outremers
moi la glycine.
Mes mains d’or
grand’ouvertes
au vent
au soleil
presque détachées
légères dentelles
n’ont plus rien à saisir
Mais verticales du temps
fidèles
mes suspensions de velours
installent une musique
dépouillée
pour un futur.
Deux corbeaux traversent la page.
l
Les presque dernières
ailes d’or
ailes d’air
eldorado
je m’endors et
j’adhère légère
je vibre vive
je dépose quelques mots
ivres
mi-morts
dorés sur le sol
pour un somme
vers un autre temps.
Le bourdon est repassé, affolé dans le soleil du matin,
puis s’est levé un vent, comme porteur de lumière et d’or , qui tourbillonne et fait voler les unes et les autres, dernières mains de ce temps de passage. souffles et cris silencieux, tourbillons de départs, dans une légèreté libérée.
S’affirment les structures premières, prêtes à toutes les attentes.
Et moi je tiens, enracinée et patiente.
Elle
dentelle d’or
glisse et sourit,
et vibrent en elle
les souffles de vies
effacées
détachées,
et elle
dentelle d’or
signe
de ses racines
un souffle doux,
et dans le soleil
s’endort.
dorés mordorés dédorés redorés … d’où vient l’or, j’en cherche l’origine, pour mes feuilles en pleine transformation, rien de métallique, matière en pleine auto-perdition avec plaisir, oui, il est temps, il est temps d’accepter que bribe par bribe, mot par mot , le temps passant en toute normalité, avec les pertes, les départs, les absences . et leurs reflets.
Les mots dorment, les mots dorés, les mots juste lumineux, les mots reflétant la lumière, les mots échos de vie, écrits, chantés, murmurés, dans le fouillis des branches mi-dépouillées, les mots qui respirent, avec les autres vivants… oui , les mots qui glissent dans la lumière de ce matin de novembre. comme une chanson tout juste retrouvée dans la respiration.
mots qui s’effacent
simple reflet
fragile
vain.
eh oui, la vie continue,
et hier après la pose de mes mots s’est fait entendre par les airs un bourdonnement d’une présence étonnante, il venait de loin, de très loin, de Russie, des Ardennes, et il s’est mis à s’affirmer sans silence sans temps mort, et je ne peux essayer de l’imiter, je laisse aux musiciens le travail … Rimski Korsakof … et je le laisse poursuivre son dernier voyage, car lui, comme moi, va bientôt devoir se mettre au repos en attente . Le vol du bourdon. Il semblait annoncer un temps , ou peut-être un changement,
Quant à moi, j’attends le soleil du jour sur mon feuillage fatigué, pour crier la vie, l’espoir, le futur. Je tiens à resplendir et éclairer mon petit coin du monde.
Le sept, mon chiffre préféré, le huit tourne à n’en plus finir, et du coup ressemble au zéro, le six s’ouvre mais reste en attente, le Sept est construction, avec oblique et horizontales équilibrées. Le chiffre qui s’affirme ….je m’amuse juste à dessiner et rêvasser .
La lumière ce matin tamisée arrive et m’emplit généreusement. Dans la masse légère se détachent, comme des notes sur une partition, noires et croches généreuses et, même si maintenant m’ont quittée mouches guêpes et dernières abeilles, j’entends comme un murmure léger emplir mon espace , et ces gousses suspendues , de longueur diverse selon qu’elles conservent une, deux, ou trois graines du futur , m’emplissent de vibrations vitales.
Emplir emplir emplir je n’ai que ce mot, alors que le temps naturel, et le temps humain ne sont que perdition, vide, et peur du néant.
Le sept tient bon.
Tout va si vite, la densité de mon univers, les couleurs, les mouvements, tout semble chercher à se libérer, à s’affirmer dans l’essentiel, à se détacher sur le vide, à continuer à vivre sans rideaux sans voile, sans falbalas .
Je suis ce mouvement général qui chez moi devient intense en ce début novembre.
Verticales et vivantes restent mes gousses et leurs graines, le passé et le futur en elles, dans un léger souffle de vent.
légers frissons dans la masse du feuillage, encore présent, mais entamant son changement normal , dans le mouvement évident du temps … et même les pensées s’y associent et préparent un dépouillement essentiel… sans besoin du vent…