Mots de glycine

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le huit de sept

by florencebenedettigall

Nous avons laissé s’écrire de petits textes, à partir de mots trésors.

Et aujourd’hui, dégustant le petit livre merveilleux de Laurent Albarracin, je rencontre la lune qui nous avait attirées :

Il y a un vélo

dans la lune

regardez

il perd ses rayons

Il y a un vélo

dans le vélo

voyez-le

comme il pédale

Il y a la lune

aussi dans un vélo

sa roue

libre

Et la lune

dans la lune

comme elle

disparaît

Laurent Albarracin L’herbier lunatique Rougerie.

Bonheur de filer dans ces pages-merveilles. Avec Pierres, Eau, Oiseau et autres souffles de vie.

le 6 de sept

by florencebenedettigall

Peut-être que les hommes ne sont pas beaucoup plus

que des petits singes

ou des coquillages béants,

ou des girafes minuscules

(quand on jette un regard depuis les astres ).

Ou même pas grand chose de plus

que des tulipes

ou des cailloux.

Ils ne sont presque rien dans l’univers immense,

mais cet à peu prés rien

écoute les oiseaux.

Lucien Noullez

(Tout peut commencer à trembler, éditions de Corlevour, 2020 )

Plus tard

by florencebenedettigall

Je n’arrête pas de lancer des pousses dans tous les sens , de broder des courbes et arabesques, de chanter des mélodies visuelles liées par une volonté inutile de ne pas casser le mouvement, de continuer même si la vie de ces nouvelles tiges ondulantes ne sert pas à grand chose…. simple respiration de la vie, étirements, quelles que soient les perspectives, les glissements de vie, les signes d’énergie, glycine, glycine ….

et je signe

à la ligne.

18 août 2020

by florencebenedettigall

Je viens de me régaler à lire dans Poezibao des textes de Lucien Noullez.

J’en pose un ici, avec plaisir :

Peut-être que les hommes ne sont pas beaucoup plus

que des petits singes

ou des coquillages béants

ou des girafes minuscules

(quand on jette un regard depuis les astres ).

Ou même pas grand chose de plus

que des tulipes

ou des cailloux.

Ils ne sont presque rien dans l’univers immense,

mais cet à peu près rien

écoute les oiseaux.

Lucien Noullez, Tout peut commencer à trembler, Editions de Corlevour, 2020

15 août

by florencebenedettigall

Je retrouve Guillevic, avec intensité:

« Ecrire. Parler par l’écriture

Pour tout l’autre.

Et qu’on m’entende

Sans savoir que c’est moi

Qui parle.

Sans savoir même

Que quelqu’un parle.

M’entendre

Comme on entend les pierres.

Guillevic, Inclus.

11 du mois d’août

by florencebenedettigall

D’un caillou est née ce matin une cascade

je n’arrive à y croire mais j’entends l’eau qui éclate de rire et s’étale sans vergogne dans l’espace de ma vie

le 7 août

by florencebenedettigall

Il y aura ce soir, cette nuit, le plus riche spectacle stellaire, je suis invitée, moi la Glycine, et pour fêter cela j’ai fait éclore ce matin trois grappes fleuries, preuves même d’un épanouissement végétal généreux. Nous filerons ce soir, telles des étoiles dans ce ciel de plénitude. J’aimerais qu’un accord sonore se glisse . Ciel et sol réunis, sol et ciel confondus. Harmonie chantante des formes et voyages. Et moi, si prête à m’y fondre peu à peu.

Bruissement du 3 août

by florencebenedettigall

Tu l’entends ?

Discrète, présente,

à travers les broussailles de lumière,

les ruisseaux de sourires,

les résonances de l’ombre,

elle respire,

elle soupire,

elle vibre,

fluide, ailes ouvertes,

la dame des reflets,

la dame des ombres,

Dame du Bruissement

humble et musical

de la Vie.

Spirales

by florencebenedettigall

le plaisir de la main qui sur une surface se laisse porter par le mouvement circulaire sans fin ….le plaisir des yeux de suivre le dessin respirant l’espace en un souffle premier … le plaisir de l’esprit suivant le mouvement premier d’ouverture de découverte de construction…ou celui de la feuille qui détachée de l’arbre par sécheresse descend en un tournoiement de beautés.

Et Rilke qui revient, lors d’un de ces mouvements instinctifs, me chantonner :

Je vis ma vie en cercles

De plus en plus larges

Qui passent sur les choses

Peut-être n’achèverai-je pas le dernier

Mais je veux le risquer.

28 juillet 2020

by florencebenedettigall

Je relis avec bonheur les mots d’Andrée Chedid, tirés de l’Etoffe de l’univers :

PAGE APRES PAGE

Page après page

Je me feuillette

En marge

De ma propre vie

De l’autre côté

De mes miroirs

Page après page

Je me raconte

Pour tisser

D’autres rêveries

Page après page

Je m’effeuillette

Ligne après ligne

Jusqu’à me dénuder

Je dors sous une tonnelle

Je regarde le temps passer.