Mots de glycine

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23 juillet

by florencebenedettigall

Offrir mon ombre, la densifier, l’éventer, la faire vibrer de souffles légers et variés, y abriter les vies secrètes et les désirs de vie, et donner juste l’envie de la rivière, de la cascade, de la fraîcheur nocturne de l’eau.

Ombre, tu nous combles, et mes tiges et feuilles s’y reposent dans le silence et sa fraîcheur.

20 juillet 2020

by florencebenedettigall

Plein travail de refloraison… je m’y applique et me réjouis de créer cette deuxième série de grappes florales.

Quel sens ? à part le plaisir de refaire dans le désordre touffu du feuillage, un rappel de ces fleurs , premières sorties, à nu, au début du printemps.

Comme une mélodie, chantée en premier par trois voix d’enfants, reprise plus tard par un choeur riche et vivant, d’où ressortent, pures et légères, les premières harmonies.

Et, comme un accord de base nécessaire, les gousses vertes , et les anciennes brunes, tordues et desséchées, chantent leurs accords verticaux.Y aura-t-il une nouvelle série de gousses, renfermant de nouvelles graines ?

Et nous, humains, tirant nos images de réalités liées à la mort, arrivons nous à nous lancer en de nouvelles actions de vie ? l’oeuvre d’art est-elle semblable tentative ? signes de morts, signes de vie ?

17 7 2020

by florencebenedettigall

« Il fait métier d’écrire

Il n’est pas à tisser

Sa toile d’araignée,

De façon

A se régaler bientôt

de ses victimes.

Il ne veut rien

Pour lui tout seul

Que la joyeuse

Difficulté d’écrire

ces mots qu’il ne peut pas

Ne pas écrire

de la seule façon

Qui le délivre . « 

Un petit bout de ce long poème Inclus, de Guillevic. Ce texte limpide et plein, plein d’une intense évidence, sur l’écriture, me tient, me nourrit, et en donner une bribe est à la fois enrichissant et frustrant.

15 juillet

by florencebenedettigall

je lis je relie

je crie j’écris

je glisse je glycine

et je signe

13 juillet

by florencebenedettigall

La sécheresse s’installe . Fouillis de mes branches, certaines ont été amputées car envahissantes, capables de dominer tout l’espace , d’étouffer d’autres vies en développement. Et de cet embrouillamini insensé, je me permets de lancer une, puis une autre en face, puis une troisième grappe fleur de la seconde vague. Fines, élancées, délicates, elles continuent à entretenir ce mythe qui est mien; glycine: plante élégante, fine, délicate, alors que je suis surtout la plante de la vitalité la plus dominante .

J’étale mes gousses de la saison, au milieu desquelles pendent encore quelques restes de la saison dernière. La vie tourne, s’en va, se refabrique, revient, repart en perspectives futures sans qu’il y ait temps fini, temps nouveau, le temps s’étire , se poursuit, se refait, la vie entraine la vie, et chaque mot en entraine un autre.

12 juillet

by florencebenedettigall

Il y eut tant de coups de sécateurs, de coups de taille, d’allègement, de coups de « ça suffit », de coups de « allez, repars , rebiolle », de coups de « continue, refleuris, refrémis, resouris, vis » …

J’entends mes vieilles branches reprendre le jeu :

« 

Jouer

avec les mots

avec les couleurs

avec les notes de vie

jouer

avec les souffles

avec les silences

avec les vents

jouer

avec les fils de vie

avec les noeuds

avec les rêves

jouer

avec les vieux liens

avec les perspectives ouvertes

avec les inconnues

jouer

oui

jouer, enfants que nous sommes

avec la peur de mourir

avec la peur de vivre

je lance mes dés;

Jou… é !!! « 

1° juillet solaire

by florencebenedettigall

Eve a peur:

elle se sent si légère, si fragile, si poreuse,

elle aurait tellement envie de s’alléger encore, de s’évader, de se dissoudre dans l’air …

« Si je pouvais, se dit-elle, si je pouvais rendre mon corps plus souple, plus fluide, plus léger,

apte à se mêler à l’air du temps, atmosphère atmosphère, à la vapeur de vivre,

sans réserve et sans peur,

devenir simple et infime gouttelette invisible qui dis pa raî trait d’elle même

dans l’arc en ciel du futur … »

s’évaporer ainsi …

Eve en rêve,

rêve en elle,

ailes d’air.

seconde floraison

by florencebenedettigall

Folie de croissance, je joue à tracer des courbes folles, à susciter des emmêlements des tournoiements des étouffements dans un vert débordant de vitalité, comme des phrases musicales qui sans dessein tracé se mêleraient en sons amplifiés. Dans ce désordre étouffant je m’amuse à faire jaillir, ici et là, des vrilles mauves, reflets de la première floraison d’il y a bientôt deux mois. Jeu de ma vie, jeux de reprises des chants de vie, jeux d’énergie libre.

Quelle nécessité me pousse ?

Au jeu de Loin

by florencebenedettigall

Du plus loin qu’il m’en souvienne

un mot s’est inscrit de lui même.

« Tu iras loin », lui ai-je dit très tôt.

Le fixer ? Le controler ?

Loin de moi cette envie.

Sa syllabe ferme et onctueuse

me régale, mêlant temps et lieux.

Ici vibre et frémit léger,

Là-Bas m’attire, me fait courir,

Tout-Prés me tient chaud, me console,

Là-Contre me retient, me conforte,

Au Loin me tire pour dérouler un chemin,

Très-Loin fait vibrer le désir d’ailleurs,

Et peut-être,

de pierre en pierre,

de nuage en nuage,

d’étoile en étoile,

de loin en loin,

cheminons-nous, étapes prometteuses,

impossible de les compter;

Mais loin de moi le désir de m’installer

ici ou là,

Non, je le sais, c’est le jeu,

j’irai bien au loin,

confiante, au delà de l’horizon bas.

Et peut-être, de très loin, chuchoterai-je dans le vent :

« Viens, venez au loin, jouons ! « 

Encore un tissage

by florencebenedettigall

Le fouillis des branches débordantes de vitalité

la lumière du matin

comme un fil intense

parcourant et reparcourant l’espace du tissus feuillu

de même

lecture de mots d’un autre et volonté de tirer en douceur

son propre fil

chaîne et trame

imbrication pour avancer dans

le labyrinthe mien

ainsi se fabriquent objets de mots

et images tentant de vivre

les uns les autres dessus dessous.

La limpidité de Guillevic me comble alors:

« Je m’enfoncerai

Dans mes labyrinthes.

Se le dire,

Se le promettre,

Est déjà le faire.

Ici le futur

Se conjugue au présent.

Seul dit cette phrase

Celui qui déjà

Est engagé dans ses labyrinthes,

Veut y fouiller. « 

Guillevic, Inclus.