nuages
by florencebenedettigall
vibrent
et chantent
dans le brouillard bloqué des temps
quelques rêves de silence
quelques partages légers
quelque arrivée de vie.
vibrent
et chantent
dans le brouillard bloqué des temps
quelques rêves de silence
quelques partages légers
quelque arrivée de vie.
avec l’âge, avec le jeu,
je rêve de virer
d’aller où je ne sais
de danser de crier
de faire hurler les silences
et les freins et les beaux lieux
et libérer les peurs oranges
et les rythmes et bons accords
je rêve d’arracher du ciel
les orages les puissants souffles
et les cris et les soupirs
d’accepter toute outrance
pour respirer à fond
sans idée sans projet.
Ah si je le pouvais …
je filerais et détruirais ainsi
tout état figé toute construction
tout programme engagé
et dans le ciel je me laisserais
virer vers d’inconnus
espaces.
et sans cesse se laisser envahir
et vibrer
sans cesse se laisser accepter
et chanter
sans cesse s’emplir de désirs
et subir
et les cris et les soupirs
de tous ceux qui veulent vivre
le temps inonde
rêves et désirs
le temps affole
gestes et statures
le tant de cris
le tant de pluies
le temps détruit
et nos mots craignent et pleurent
dans la pluie de nos vies.
se tendre mais
attendre dans la tendresse
sans action
sans inquiétude sans conflit
la Tendresse la Tendresse
et chanter avec elle tout espoir.
se tendre s’étendre
puis s’éteindre
une fois les merveilles partagées
et effacées les ombres inquiétantes
peut être alors
se teindre de tendresses et de nuances fines
joindre les mots de vies
les mots de lumières
et d’ombres
les mots dont les couleurs se mêlent
et chantent le pan de vies.
plan plan plan
j’entends
plan plan plan
je chante
à plein temps
et vlan ….
je fais je défais
je fais je refais
je me fais je me défais
je me fête je me défaite
je me plonge je me songe
je me montre je me démontre
je me réduis je me souris
je me tresse je me redresse
et je me fie je me défie
la vie vacille
les choix s’enlisent
le monde se défait
le monde se refait
mais moi je crie
et moi j’écris
et moi je file
et moi je défais
et refais
et disparais.
impossible de s’arrêter,
d’ouvrir la fenêtre
de s’emplir de lumières
de tonalités claires
de rythmes légers changeants
impossible de faire revenir
les rythmes lumineux
les accords de vies
les envies
tout s’est figé dans le gris
dans le futur vide
dans l’épuisement des nuances
et je cherche en ma voix
en mes mots
un chemin bienfaisant
peut-être un air perdu
qui rechantera la vie
chemin mineur
chemin intense
jeu de vie.
oui il se trace il sinue
il avance il poursuit
il hésite il fleurit
il s’enrichit
il prend le temps
avec lui comme un chant
comme un accord de souffles
de retenues d’explosions
et moi de ce col ouvert
je me mêle aux accords
aux sonorités amies
et je respire
ainsi
entre montagnes aimées
et ciel renouveau.
par hasard je viens de le voir :
» entre les troncs
comme une large rayure
le hibou s’élance
repère l’ombre
la proie qui remue
dans le désordre du monde
la foret se souvient
du chant des ailes »
petit texte d’Hélène Dorion, Mes forêts.
Et tout simple le sentier chante devant chez moi et m’entraîne vers le bois voisin.
je ne sais plus
je plonge
je ne parle plus
je ronge
je ne chante plus
je songe
oui je songe
et remonte dans des sons
le long du sentier ancien
bordé de vies mêlées courantes
sentier de parts de partage
sentier de chansons
de voyages de voies
sentier de vie
en plein départ
sentier
sentier pour sentir
pour vivre
et s’en aller.