C’est le début des larigots
par florencebenedettigall
Oui, » à tire-larigot » était venu dans mon petit texte de printemps ; j’aurais pu faire venir » à tue-tête » , » à qui mieux mieux » ou juste « en choeur ».Mais non, « tire-larigot », avec ces voyelles enfantines, contrastées, claires … et les associations tire-lire, laridondaine, faridonda, et larirette et larigot.
Larigot, étymologie incertaine, emplois anciens.Christine de Pisan écrit en 1403:
« Larigot va larigot,
Mari tu ne m’aimes mie . »
Et François Rabelais parle de « boire à tire-larigot » ; cet emploi est bien resté.
Un larigot serait une flûte (instrument de musique, ou contenant de breuvage ?) Un jeu d’orgue en garde le nom. J’entends bien: l’organiste tire d’un coup ce jeu, et démarrent tous les oiseaux dans les aigus, avec l’élan de la lumière. Comme d’un coup on flûte le champagne, ou on le siffle, selon.
C’est le début des larigots, des chants d’oiseaux, des flûtes de toutes sortes, et l’entrain, l’avidité partagée s’associent pour moi à cette vieille expression. Le printemps, en somme.
Il fallait la finesse d’une oreille galloise pour me faire remarquer la saveur de ce vieux terme. Et si ce sont des gallois qui nous font apprécier notre langue, c’est la fin des zaricots.
Galloises, Gauloises – même combat!