le jour suivant

par florencebenedettigall

Dans le grand calme de l’humanité confinée, je jubile d’entendre et de voir mon petit compagnon de vie. Il n’arrête pas: du cytise à la clématite, de la clématite au jeune acacia, d’ici, de là, vas-y, va là-bas, allers-retours, ses changements de direction, sa célérité son rythme me fascinent.

Leopardi l’exprime si bien dans son « Eloge des oiseaux » :

Les oiseaux changent constamment de place ; ils vont et viennent sans nécessité ; ils volent par plaisir et, parfois, se retrouvant à plusieurs centaines de milles des pays qu’ils fréquentent habituellement, ils y reviennent le soir. Dans le court moment où ils restent en un même lieu, leur corps ne cesse de s’agiter ; s’affairant ici et là, toujours à virer, se pencher, s’étirer, s’ébrouer, sautiller avec une aisance, une agilité, une prestesse indicibles. En somme, depuis l’instant où l’oiseau sort de l’oeuf, jusqu’à l’heure de sa mort, à part ses périodes de sommeil, il ne s’arrête jamais. Il semble donc possible d’affirmer que, si l’état naturel des autres animaux, y compris l’homme, est le repos, celui des oiseaux est le mouvement.

Moi, installée solidement contre cette maison, je me prends à me retenir, fascinée par cette vitalité vibrante . Ma vie, elle est dans l’enracinement, source vitale et assurance. Ainsi se préparent d’autres vies.