4.6.20

par florencebenedettigall

Et Guillevic revient, me conseillant , moi et les mots:

« En somme,

Avec les mots,

C’est comme avec les herbes,

Les chemins, les maisons, tout cela

Que tu vois dands la plaine

Et que tu voudrais prendre.

Il faut les laisser faire,

Par eux se laisser faire,

Ne pas les bousculer, les contrarier,

Mais les apprivoiser en se faisant

Soi-même apprivoiser,

Les laisser parler, mais,

Sans qu’ils se méfient,

Leur faire dire plus qu’ils ne veulent,

Qu’ils ne savent

De façon à recueillir le plus possible

De vieille sève en eux,

De ce que l’usage du temps

A glissé en eux du concret

Guillevic, Inclus, poème.

Merci, si simples ces mots, si évident leur usage, si sure leur vie généreuse.