Mots de glycine

Source

by florencebenedettigall

Les sources se répondent, je l’ai souvent observé; l’une dans la mousse d’une forêt répond à une autre,  jaillissant d’un désert désespérant. Il est sûr que toutes dans leurs vibrations premières s’entremêlent en profondeur.  Les capter, sentir la baguette de bois vibrer dans ma main dans mon bras, produit une émotion  intense. Ainsi , celle ci se manifesta :

Source

Elle s’échappe entre les heures herbes,

La source qui lézarde à travers prés,

Eau vive sous la roche, elle tourbillonne

Prête à sourdre, à ruisseler, à déferler

Dans un élan fougueux vers l’immensité.

Née du ciel et de la terre,

Elle jaillit dans l’esprit du poète,

Suinte dans la tête du criminel,

Elle est naissance, création, commencement,

Graine de vie, énergie première.

Marlise Benoit.

 

 

 

La dame première

by florencebenedettigall

Dans le silence

imperceptible une respiration

 

 

oui ce n’est pas un rêve

par moments

les herbes fredonnent

 

oui

en douceur

en secret

les pierres murmurent

 

oui

la terre chantonne

quelque voix

quelle voix ?

 

à peine visible

en sommeil

elle est là

simple reflet

respiration profonde

 

elle attend soumise discrète

soudain frémit

sourit dans la lumière

toute vive file sur le rocher

en un jet insaisissable

 

se cache réapparait

lumineuse ruisselante

éclabousse en toute générosité

de rires de cris de jets de reflets

d’arpèges d’arcs en ciel

 

soulève en musique

des souffles des chants

des mémoires des histoires

déroule des images des voies des idées

flots de vies de passés de possibles

gicle en vrac et nourrit les êtres alentour

 

tout est possible tout ruisselle plus tard plus loin au delà

 

soudain s’étale dans l’herbe

en un souffle disparait bue par les prés

absorbée par le silence

toujours présente

première

mère de nos vies

 

jaillie du plus profond

au creuset de l’intime

 

la Source.

Shoe Cloud

by florencebenedettigall

Voici dans sa langue le texte de Ron Padgett et Yu Jian:

I the good elephant saw you

resting in the air over the jungle

The spring squats down on the lawn

Ties her shoes

The same shoes the clouds

were wearing last year

Your dream walks into my sleep

as soon as I wake up and

The person who wakes up

No longer is you

The place of waking up is not your place

though the cloud is still your cloud

and your head is still in it

because of you other head

Spring is your other head

Cloud is your other head

China is your other head

You have plenty more heads

Asleep in the dark and deep place

Waiting for the early brain beginning

I the good elephant saw you

Passe un autre nuage, et d’autres encore …

by florencebenedettigall

M’arrivent les nuages de Marlise Benoit, la chère amie des nuages et des mots.

 

Nuages

Je l’ai trouvé, tout seul dans l’étang 

Musardant au milieu des canards.

 

Au ciel, ils flanent

Indécis.

Ils ont suspendu leurs lessives,

Louvoyant entre deux horizons.

Mousses, écumes

Ou dômes monstrueux,

Requins, baleines, dragons ailés,

Ils nagent et volent

cap au nord, cap au sud

Poussés par le vent.

 

Ils ont pour noms

Stratus, cirrus, cumulus,

Ils font la pluie,

les colères de l’orage, 

Et le beau temps.

 

Ils s’infiltrent dans nos âmes, 

noires nuées

Ou blanches caravelles.

Ils abritent nos rêves,

Nos châteaux en Espagne.

Ils fécondent la terre

Et nous offrent le ciel.

De passage

by florencebenedettigall

Nue

je nage

sans âge

dans la première

eau

de ma vie.

 

 

Ce petit texte écrit, je tombe par hasard sur un texte tissé à deux, que transmet  Poezibao.  Deux poètes, l’un américain, Ron Padgett, l’ autre chinois, Yu Jian, ont correspondu,  écrits croisés avec le traducteur de l’ordinateur ….

 Moi le brave éléphant je te vois

flottant dans l’air au dessus de la jungle

La printemps s’est accroupie sur la pelouse

Et elle noue ses lacets

Aux mêmes chaussures que les nuages

portaient l’année dernière

Ton rêve s’avance dans mon sommeil

dès que je m’éveille et

La personne qui se réveille

N’est plus toi

Le lieu de l’éveil n’est pas ta place

bienque le nuage soit encore ton nuage

et ta tête y demeure encore

à cause de ton autre tête

Printemps est ton autre tête

Nuage est ton autre tête

Chine est ton autre tête

Tu as beaucoup plus de têtes

Dormant en ce lieu sombre et profond

Attendant un début de cerveau matinal

Moi le brave éléphant je te vois 

 

Je retrouve que Ron Padgett est dans la création du très beau film Paterson …  et du coup je m’autorise à divaguer.

 

Nue

je rêve je souris

l’âge n’est plus, mon vieux corps s’allège, je flotte, légère, prête à toute forme,

je le sens je le sais, je vais m’étirer en filaments ensoleillés

me gonfler des idées sombres   accumulées

les pétrir, les transformer,     devenir fleur, puis pierre,

oiseau, éléphant

image terrifiante devenant mirage

je rêve je mue

je nuage avec bonheur

car même les mots jouent la métamorphose

la bellaparsose, la scillabrillose,

la nuit devenant jour

nue…ah je rêve

je m’étire dans la lumière, je me dissous en partie,

je sou …je sous pire, je souris

je ris je ridicule ….Aïe aïe aïe

coup de tonnerre, arrête, arrête

reviens, plus de nuage , de mirage,

pluie de mots, pluie stupide

qui s’installe dans un nouveau temps

pluie de sons pluies de signes

de mots violents vivants vibrants

pluie de vies pluie de cris

pluie de visages

de voix de mots

cherchant refuge

ici ou là ?

ici.

 

 

 

 

Chemin Faisant

by florencebenedettigall

Chemin, bonhomme de chemin,

à petits pas, longues enjambées,

on suit la ligne qui dessine,

inscrit son propre mouvement;

respiration, rythme premier.

 

Chemin le mien, chemin de vie,

A chaque carrefour je le retrouve,

envahi, dégagé,

sablonneux, de pierrailles,

chemin montant à perdre souffle,

sentier brutal au bord du gouffre,

illisible, illusoire,

sans balise, sans miroir,

ou bien bordé de fleurs de rêves,

vers des pays clairs et ouverts,

si loin si flous, vite effacés.

 

Chemin, notre chemin faisant,

il s’ouvre à nous, et nous suivons

son tracé clair,  même la nuit,

viennent s’y inscrire tous les passages,

lignes de vies, sinueuses, vibrantes,

sur la peau vive du monde offert,

beau parchemin de mots glanés,

de mots passants, de mots dansants,

Ils y cheminent, les miens, les vôtres,

souffles mêlés, toutes cadences,

à petits pas, longues enjambées,

un chant se crée, chemin faisant,

et l’on entend jusqu’aux nuages

un chuchotis multicolore,

sur mille voies un chant multiple,

chemins de terres

chantent nos voix.

Folle à lier

by florencebenedettigall

La glycine folle à lier entame le chant de sa deuxième floraison.

les filaments nouveaux s’entrechevêtrent avec folie et bonheur, dans l’inutilité de leur déploiement.  Est-ce la jouissance de l’arabesque? la volonté de tout lier? l’inutile encombrant de la pure création?

Vertige de la vie, délire des déroulements et de la  libre vitalité .

Et les quelques touches mauves, légères, dispersées dans le fouillis de verdure, résonnent  avec finesse.

j’ai semé

by florencebenedettigall

Le 17 mai j’ai semé  ces dix mots. J’espère que comme les fleurs et herbes folles de mon jardin, les mots prendront vie, avec bonheur.

 

 » En terre

graine de vie

 

en vie

rêve de terre  »

Et je  les confie au soleil, à la rosée, à la pluie possible,

au féminin

by florencebenedettigall

Je réponds au JOYEUX du merle, par le JOYEUSE de la Glycine.

 

Je joue, je jubile, je jouis et jonche le jour de joyaux de jade.

Oh! Ouh! ouvre, à l’orée de l’obscur, les ombres ondoyantes de nos origines.

Youpi ! dans une yole, sous l’yeuse, les yeux heureux …Y vibrent les bings, yin, les bangs, yang, yin yang yin, yang …

Emerveillée l’écriture éclate, de ses effluves, et comme un espoir, éclot l’élixir d’enfance.

Unique l’univers unit les utopies des uns et des unes, à l’unanimité.

Au Seuil du soleil une salamandre souffle des secrets soyeux sur le ciel silencieux.

Es-tu, est-elle évaporée dans l’espace, comme une elfe étonnée, évanescente, emplie d’espérance ?

J O Y E U X

by florencebenedettigall

Joyeuse de reprendre ici le JOYEUX du Merle, Marlise Benoit.

 

Aujourd’hui je cueille

La Vie, la Joie,

Je l’empoigne,

Je la serre dans mes bras.

Je l’engrange dans ma tanière,

Dans l’abri désolé

Où j’étais blottie

Glacée par le vent d’hiver.

 

Aujourd’hui j’offre mon corps

Au vent joyeux

Changée en tige, 

En feuille,,

En papillon.

 

Quelle vitalité pour un merle convalescent ! la beauté donne vie et sourire.